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WEEDYLAND TIMES

France :Qui va fournir les traitements pour l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France ?

C’était attendu depuis des années. Désormais, c’est sur les rails, et il ne reste plus que quelques mois à attendre. L’expérimentation du cannabis thérapeutique en France, à laquelle les députés ont donné leur feu vert l’automne dernier, devrait débuter en « septembre » et durer deux ans, a annoncé cette semaine l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). « L’objectif, c’est que l’expérimentation puisse être proposée aux patients à la rentrée 2020 », a précisé la directrice générale adjointe de l’ANSM, Christelle Ratignier-Carbonneil, lors des premières auditions de la mission d’information parlementaire sur le cannabis lancée à l’Assemblée nationale.



Mais comment va se dérouler cette expérimentation ? D’un point de vue logistique, la France est-elle prête à mener cet essai ? Qui fournira le cannabis aux patients ? Une filière française peut-elle se mettre en place d’ici là ? Beaucoup de questions pour lesquelles une solution va vite devoir être trouvée.


Les labos étrangers dans les starting-blocks

En pratique, l’ANSM a moins de huit mois pour finaliser le cadre de cet essai, et trouver les modalités permettant de fournir leur traitement aux quelque 3.000 patients qui seront recrutés pour participer à cette expérimentation. Il faudra donc disposer de cannabis thérapeutique en quantités suffisantes. Or, « à ce jour, la législation française interdit la culture des plants contenant des taux supérieurs à 0,2 % de THC » (tetrahydrocannabinol, l’un des principes actifs de la plante), informe Me Eveline Van Keymeulen, du cabinet d’avocats Allen & Overy, qui s’est positionné sur les questions liées au cannabis et intervient devant les comités scientifiques de l’ANSM. Et comme « septembre, c’est demain, c’est très proche », concède Christelle Ratignier-Carbonneil. Pour être dans les temps, l’ANSM envisage « plutôt d’avoir recours à des producteurs étrangers ». Et les Français dans tout ça ? « Si un producteur national est en capacité de répondre aux critères, il pourra être retenu », a précisé Christelle Ratignier-Carbonneil, en ajoutant que des réflexions sont en cours entre le ministère de la Santé et celui de l’Agriculture. Ainsi, malgré l’interdiction actuelle, InVivo, l’un des premiers groupes agricoles coopératifs français, a déposé une demande auprès de l’ANSM pour se positionner sur le marché.