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WEEDYLAND TIMES

Canada :Pourra-t-on bientôt acheter du cannabis directement à la ferme?

La pièce est remplie de marijuana. Depuis quatre semaines, les plantes profitent d'un soin tout particulier avec un niveau d’humidité et de chaleur minutieusement contrôlé. C’est la première récolte de cette jeune entreprise. Elle pourrait atteindre les 350 kg par an.



L’odeur est incroyable, s'extasie Nicholas Steinhubl entre deux photos prises avec son téléphone. Ça me donne envie d’avoir ma propre ferme. Je vais me rappeler de ce moment toute ma vie.


C’est la première fois que William Wallace visite une ferme légale.


C’est incroyable que tout ça tienne dans un si petit immeuble. Ici, je vois la vie, je vois une entreprise qui grandit, dit-il.




Paroles d'experts passionnés

Ces convives sont en réalité des professionnels. Ils travaillent pour la boutique Nova Cannabis du centre-ville d'Edmonton et sont venus découvrir les coulisses des produits qu'ils vendront bientôt en magasin.


J'ai appris les fondamentaux de la culture et les différentes variétés de composés chimiques, comme le THC et les terpènes, explique Nicholas Steinhubl, ravi de voir du cannabis pousser à quelques kilomètres de chez lui.


En venant ici, on réalise que ces gens sont passionnés, que ce ne sont pas des criminels qui font pousser du cannabis. En plus ça permet de soutenir un commerce local, ajoute William Wallace.


La copropriétaire des lieux, Kieley Beaudry, joue les guides touristiques quelques heures par semaine avec des acteurs du secteur, mais espère voir prochainement le grand public franchir le pas de sa porte.


Les gens aiment savoir d'où vient leur nourriture. Ils veulent aussi savoir où et comment leur cannabis est produit.


Une dizaine de microcultivateurs albertains demandent au gouvernement provincial l'autorisation de pouvoir organiser des visites et de faire de la vente directe, sur un modèle similaire aux vignobles de la Colombie-Britannique et brasseries albertaines.


Une source supplémentaire de revenus pour ces petites entreprises, limitées à une microculture de 200 m2 maximum, qui ont parfois du mal à sortir leur épingle du jeu face aux géants du secteur, comme Aurora ou Canopy Growth.


Des emplois seront créés. Nous sommes en pleine récession économique. Ce serait un énorme coup de pouce de la part du gouvernement, assure Kieley Beaudry, également à la tête de l’Association des microcultivateurs de cannabis de l’Alberta.


La loi actuelle en Alberta n'autorise pas de ventes directes aux consommateurs pour les producteurs de cannabis.


J’ai contacté plusieurs députés fédéraux et la Commission albertaine des jeux de hasard, de l'alcool et du cannabis (AGLC). L'industrie est prête à passer à l’étape suivante, croit-elle.


L'Ontario en avance

Le ministère albertain des Finances a mentionné, par courriel à Radio-Canada, qu'il examinera de près l'approche des autres juridictions qui ont pris de l'avance sur ce sujet, mais ne s’engage pour l'instant sur aucune date.



La Colombie-Britannique prévoit autoriser les ventes directes en 2022. En Ontario, la mesure pourrait arriver plus rapidement encore.


Selon Daffyd Roderick, directeur des communications pour la Société ontarienne du cannabis (OCS), des producteurs pourraient être autorisés à la vente directe d’ici le début de 2021. Près d’une douzaine de producteurs autorisés, de tailles diverses, ont manifesté leur intérêt, précise-t-il.


Selon l’OCS, la vente directe permettra aux consommateurs de se détourner un peu plus du marché illégal et créera un lien direct entre le public et les producteurs.


Les clients en Ontario pourront acheter jusqu’à 30 grammes de cannabis en se rendant dans un magasin rattaché à l’entrepôt de production.